
Alimentation en eau potable d’Agou Klonou
Des puits remplis de bactéries et des villageois malades
Le village de Klonou est équipé d’environ 30 puits, situés de part et d’autres du village. Ils sont pour la plupart de faible profondeur (moins de 12 mètres), et sans aucune protection supérieure afin d’éviter l’intrusion d’insectes, de feuilles…
Une eau stagnante et peu profonde dans laquelle on trouve des feuilles et de nombreux de corps étrangers explique les résultats catastrophiques des analyses effectuées par notre partenaire Italien (photo 1). L'eau n'est déclarée potable dans aucun puits et certains présentent des taux de coliformes et streptocoques parfois 30 fois supérieurs aux taux maximum tolérés. Ces résultats confirment le bilan inquiétant du centre de santé du village. En effet le nombre grandissant de maladies telles que les diarrhées rouges sont très souvent dues à la consommation d’eau non potable. Il nous a donc paru urgent de répondre favorablement à la demande des villageois qui en avaient fait leur priorité.
Rénovation du forage
Un ancien forage, laissé à l’abandon faute de moyens depuis plus de 20 ans, situé dans un quartier au centre du village a été rénové. Un des bénévoles des missions du mois de Juillet (professionnel dans le traitement des eaux usées) a participé avec un technicien des Travaux Public de la société KPALIME au changement de la pompe, de la baudruche et du socle. Des analyses ont démontré que l’eau y était potable. Cette pompe manuelle peut désormais fournir l’eau potable pour une partie du village mais son débit et le volume d’eau sous terre restent trop faibles pour l'ensemble des besoins. Les villageois doivent donc pour le moment limiter exclusivement l’utilisation de ce forage à l’eau de boisson et de cuisine. L’eau utilisée pour la lessive, la toilette et les autres consommations doit provenir d'autres puits.
Un village autonome : Cotisations, Création d’un compte bancaire et sensibilisations.
Diverses opérations ont suivi directement la rénovation du forage, afin d’impliquer la population dans ce projet d’adduction d’eau potable et de développer une autonomie de gestion de leur part. Le but est de faire des villageois les pilotes du projet et non pas des spectateurs.
Les habitants sont inquiets du nombre croissant des maladies et des diarrhées, des malformations osseuses chez les enfants… mais n'en connaissent pas forcément la cause. C’est ainsi qu’une réunion sur la place publique a eu lieu où l’infirmier et les bénévoles ont pu répondre aux questions des villageois. Cela nous a permis leur faire prendre conscience avec des messages clairs du lien entre la santé et l’eau et d’expliquer aux personnes présentes, les décisions prises par le comité villageois de développement en accord avec les notables et le chef. Ainsi, pour éviter toute future dépendance aux aides extérieures en cas de panne ou pour l'entretien de la pompe, un système de cotisation mensuelle par foyer a été mis en place. Chaque chef de famille doit verser 100 francs CFA (0,15 €) par mois à la personne responsable de la cotisation dans son quartier, qui reverse la somme totale au responsable des cotisations de l’eau pour le village.
Cela permet d’échapper au système utilisé dans beaucoup de villages voisins, où les personnes payent chaque bassine pompée. Ce qui engendre trop souvent soit un enrichissement très rapide de la personne en charge du forage, soit une démotivation grandissante des villageois du fait d'un coût final élevé et finalement la réutilisation de leurs anciens puits. Nous avons souhaité créer un système incitatif générant un lien entre l'utilisation collective de l'eau potable du forage et le versement de la cotisation.
A la fin de cette sensibilisation, un médicament a été pris sur place par tous les adultes et les enfants de plus de 6 ans, soit environ 800 personnes (Photo ci-dessus).
Cet antibactérien a pour rôle de tuer les microbes accumulés dans le corps dus à l’eau consommée par les villageois.
Etant donné que tout le monde n’a pas pu assister à cette sensibilisation et pour continuer à faire passer le message, des sensibilisations dans chaque maison du village ont été effectuées. Durant les 3 semaines suivante, 4 expatriés et 2 Togolais ont continué ce travail de communication et d’information avec les villageois.
Ils ont pu donner quelques conseils et répondre aux nombreuses questions :
- Utiliser exclusivement l’eau du forage pour la cuisine ou pour la boire…
- Stocker l’eau dans des récipients couverts, propres et à l’écart des bêtes…
- Expliquer en détail comment et à qui verser sa cotisation mensuelle, qui sera le gestionnaire du compte bancaire et principalement l'utilisation des fonds collectés.
Ces sensibilisations (photo ci-contre) nous ont permis de responsabiliser l'ensemble des villageois par rapport aux projets que nous avons déployés. Par le lien humain qu'elles ont contribuées à créer, nous avons pu franchir un nouveau pas dans la compréhension de leur culture et de leur approche de la vie de leur communauté.
Les échanges réalisés à ces occasions nous fournissent une base d'étude pour nos futurs projets et nous ont permis de mesurer l'extraordinaire engouement de la population envers les projets de développement que nous avons réalisés lors des missions 2006.
L’adduction en eau potable continue en 2007
Des scientifiques Italiens se sont rendus sur place en décembre 2006 afin d’établir une étude géologique du terrain. Cette étude a permis d’obtenir les informations nécessaires sur le mouvement de l’eau sous terre et de situer différents points pour la réalisation d’un ou plusieurs forages. Notre partenaire Italien prévoit le début des travaux courant 2007. L’évolution du projet va maintenant dépendre principalement des fonds trouvés pour la réalisation finale pour que chaque villageois dispose d’eau potable à proximité de sa maison le plus rapidement possible.
